Cet article fait partie de l’événement du carnaval organisé par Ben du blog Bourse ensemble, qui réunit les blogueurs francophones sur le thème du « mental fort pour gagner en bourse ».

Lorsque Ben a pris contact avec moi pour me proposer de participer à ce carnaval, je me suis dit que le sujet proposé était idéal pour reprendre l’animation de mon blog que j’avais un peu délaissé ces derniers temps.

Car le thème de la psychologie et du mental est fondamental quand on se lance dans des investissements, et surtout pour les marchés financiers.

On ne le dira jamais assez ! Tous ceux qui ont de l’expérience en bourse le savent très bien. La dimension psychologique pèse beaucoup plus que la dimension technique, lorsque l’on entreprend des investissements actifs en bourse. Je pense que ce constat sera largement abordé dans tous les articles que nous vous proposons lors de ce carnaval.

Il faut bien comprendre et avoir conscience d’une chose importante. Le cerveau humain n’est pas câblé naturellement pour prendre des risques comme ceux pris en investissant dans les marchés financiers. Tout cela a été étudie depuis fort longtemps. Il n’y a pas de doute là dessus.

Laissez moi prendre quelques exemples :

 

1. L’aversion au risque.

C’est à dire jusqu’à quel point je suis prêt à prendre des risques dans un univers totalement incertain comme dans les marchés financiers.
Figurez-vous que la très grande majorité des personnes ne sont pas du tout prêtes à prendre « les risques qu’il faut » lorsqu’elles interviennent sur les marchés financiers.

Pour résumer, il y a deux catégories de comportement :

– les joueurs, qui voient la bourse comme une suite de « coups », un peu à la manière du joueur prêt à flamber devant la table de casino. Ces personnes peuvent être trés bien éduquées, avoir en tête les meilleures stratégies. Mais lorsqu’elles se retrouvent devant leur écran et qu’elles commencent à passer les ordres, les mauvais démons arrivent, avec des phrases comme : « C’est mon jour de chance, allez, encore un coup … » ou « Pas trés bon cette série de pertes. Allez, je vais me refaire, il n’y a pas de raison que le marché de me donne pas raison cette fois-ci »

– la deuxième catégorie de personnes est située à l’opposé. Ces personnes ont plutôt en tête le proverbe populaire : « un tien vaut mieux que deux, tu l’auras ». De nombreuses études ont été menées sur le sujet, et c’est vraiment passionnant. Nous autres, humains, avons une réaction asymétrique face au deux risques, celui de gagner et celui de perdre.

 

L’exemple connu est celui-ci. Vous donnez 100€ à des personnes, et vous leur proposez ce choix :
– gardez ces 100€, cela me fait plaisir.
– On tire à pile ou face : pile je reprends mes 100€ et face, je vous laisse ces 100€ et j’en rajoute 120 de plus. Vous partirez du coup avec 220€.

Les statistiques élémentaires nous disent que la deuxième situation est la plus favorable. Pourtant la très grande majorité des personnes choisira la première option.

 

Ce biais naturel empêchera la plupart des gens de bien appliquer la seule maxime à retenir si on veut réussir en bourse : « coupez ses pertes, et laissez courir ses gains ».

Pour mémoire, j’avais également proposé une autre série de biais très fréquents chez les traders particuliers. A lire ici

 

2. Se croire plus fort que tous les autres, en particulier le marché.

Les exemples foisonnent … Qui ne connaît pas une personne qui, après avoir lu des livres, avoir consulté des quantités de blogs, avoir suivi une formation donnant les meilleurs conseils pour réussir en bourse, donc cette personne s’est crue plus malin que les autres et s’est jetée tête baissée dans les marchés en réel. La chance de survie (du capital) est aussi mince que celle d’un cornet de glace sur la plage arrière d’une voiture, en plein soleil d’été …

Il faut non seulement savoir, mais surtout savoir-être quand on est sur les marchés.

Il faut se connaître, savoir quand s’arrêter, savoir quand on est plus au top et que l’on commence à prendre des mauvaises décisions.

Tout ceci ne s’apprend pas dans les livres. Il faut faire et se forger son expérience.

Oui, l’excès de confiance et l’avarice peut être destructeur. Il faut en avoir conscience.

 

3. Le corollaire au point 2, c’est croire que c’est grâce à notre égo que l’on gagnera sur les marchés financiers.

C’est une grave erreur ! Certes notre égo est important, car sans lui, on serait encore au fond des cavernes à manger des fruits, habillés de peaux de bêtes.

Maintenant, notre égo peut nous faire faire des choses irréversibles.

Par exemple, ne pas vouloir couper cette satanée position perdante, parce que ce titre on le connaît, on sait que cela va remonter, on ne peut pas avoir tort.

 

4. Se connaître, se connaître et se connaître …

Pourquoi on fait cela ? Qu’est ce qui nous pousse à investir sur les marchés ?

Est-on certain de pouvoir contrôler ses émotions, en cas d’événements exceptionnels ?

Que fera t’on en cas d’une série de pertes importantes ?

Que fera t’on en cas d’un gain important ?

Ce sont des questions qu’il faut absolument se poser avant d’entrer dans les marchés.

Et ce n’est pas le travail le plus évident à fournir.

 

5. Se forger des convictions, des certitudes en travaillant, travaillant et … en travaillant.

Le travail est primordial avant de se lancer pour de vrai dans les marchés.

Pour reprendre des analogies simplistes, a t’on vu des nageurs débutants tenter de traverser la Manche à la nage ? A t’on vu des jeunes qui viennent d’avoir leur permis de conduire piloter une formule 1 ?

Il faut travailler, construire sa stratégie, la connaître sur les bouts des doigts. Si on sort d’une formation, il faut creuser et comprendre le mécanisme de la stratégie adoptée.

Il faut connaître les chiffres, les métriques, a minima : %win/loss, facteur de profit, maximum drawdown. Soit en backtestant, soit en faisant du forward testing, et de préférece en démo.

Il faut avoir la patience et faire se travail avant d’aller risquer du vrai argent sur les marchés.

C’est comme cela que l’on se forge la confiance nécessaire pour avoir une chance de sortir gagnant des marchés financiers.

J’espère que ces conseils vous donneront les meilleurs chances pour être gagnant sur les marchés !

Bons trade à tous.